Le Blues des secrétaires de Mairie

 

Suite à la sollicitation de la rédactrice en chef des Echos de la FA-FPT, je m’apprêtais à mettre en forme un article pour cette publication, sur les conditions de travail des secrétaires de mairie notamment.

Surprise: au courrier de ce même jour, une lettre… Une lettre anonyme. Une lettre d’une secrétaire de mairie. Catégorie A B ou C? Qu’importe… En voici quelques extraits qui hélas résument bien la situation dans nos petites communes.

« Si je me permets de vous écrire aujourd’hui, c’est avec beaucoup de lassitude et une dose de découragement. J’exerce le métier depuis plusieurs année avec une passion débordante qui m’a parfois fait mettre de côté ma vie de famille. Qu’en est-il aujourd’hui? La passion est toujours là, mais le découragement apparait.

  1. Un sentiment de lassitude: Aucune association locale…Financièrement je ne peux pas adhérer au syndicat…rien qui ne puisse me dire: nous ne sommes pas seules ou seuls.
  2. Une dégradation totale des conditions de travail. Nous avons le sentiment de satisfaire les desiderata de la trésorerie, de la préfecture et maintenant des centres de gestion, sans que ceux-ci se soucient de savoir si matériellement nous pouvons les réaliser: ce qui compte c’est qu’une petite case soit cochée même si elle ne correspond pas à la situation!!! Nous n’avons plus aucun conseil de quelque service que ce soit, si ce n’est parfois de plateformes qui traitent les sujets les plus courants(surtout ne pas avoir de cas particuliers!). On ne nous aide qu’au minimum; ne parlons pas des caisses de retraite ou de l’URSSAF, ou tout autre qui ne jurent que par leur plateforme. Le CNFPT n’organise pas de formation locale, ou très peu), sans compter que certaines formations paraissent trop onéreuses(informatique par exemple et pourtant…) . Il me parait pourtant plus facile de déplacer un formateur que 10 ou 20 stagiaires! Conclusion: Nous devons en permanence avoir recours à des informaticiens (1) ou nous devons faire appel à Google, en souhaitant que la Réponse apportée soit la bonne, car d’un autre côté, nous n’avons pas le droit à l’erreur.
  3. Aucune réunion de concertation, aucun échange. Nos élus ne se rendent même plus compte de notre travail puisque nous passons en dématérialisation totale
  4. Une ubérisation de la profession. Des personnes sans expérience, issues de tous les milieux postulent et sont retenues car elles ne coûtent pas cher (C’est ce qu’on entend!). Aucun esprit de développement, de collaboration.

Je ne sais si ma lettre sera lue et surtout si elle aura un écho. Merci d’avoir lu ces lignes d’une secrétaire de mairie parmi des milliers qui, je suis sûre, s’essoufflent. Cordialement »

Certains diront qu’en étant émue par cette lettre je fais du social. Mais pour nous SNSM, un agent que dis-je un employé, administratif ou non, secteur public ou privé, passionné par un travail qu’il a choisi, et qui est découragé à ce point, alors oui, cela nous émeut et nous force à nous battre.

Parce que bien sûr notre travail doit évolue; le progrès c’est cela: évoluer.

Oui mais une évolution qui tire le personnel vers le haut par la qualité des conditions, aussi bien matérielles, qu’humaines. Et actuellement, ce n’est pas le cas. Nous n’avons jamais eu autant de dossiers de litiges à traiter: agent installé dans une petite pièce, sans téléphone, sans ordinateur, parfois même sans fenêtre; agent que l’on traine devant un conseil de discipline sous prétexte de faute professionnelle vraie, fausse ou mieux inexistante; agent débarqué pour être remplacé par par du personnel non formé (mais bien moins cher!) qui n’a pas toujours le niveau nécessaire (mais c’est vrai qu’un administratif ce n’est qu’un écrivaillon dont le travail est franchement basique, pas besoin de formation) et qui, dans quelque temps, pas très lointain, aura lui aussi des problèmes. Mais comme c’est un contractuel… je vous laisse deviner comme il sera facile de s’en débarrasser. Cela va être la valse des agents contractuels, au détriment des administrés et des élus.

Cela fait du  bien, un coup de gueule comme cela! Mais si cela ne reste qu’un coup de gueule, ce n’est pas suffisant. Il y a encore du travail à faire au quotidien: changer les lois c’est bien, il le faut, et nous y adhérons à 100%, mais changer le quotidien professionnel c’est aussi essentiel; c’est tout sauf du social, c’est de l’humain!!!

(1) Le recours à l’informaticien dépend aussi du contrat signé entre le fournisseur de logiciel et la commune qui très souvent choisit le contrat le moins cher bien sûr, et donc le moins intéressant pour le dépannage…

 

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